Ce que j'ai pensé de

Ce que j'ai pensé de
Des bouquins, et pas de place pour les ranger

vendredi 17 mai 2013

Au boulot !


Et voilà ! C'est tellement dément de recevoir des livres à la maison. Je suppose que les vrais chroniqueurs sont blasés, sinon lassés de ces caisses de livres. Moi, je suis toujours comme un enfant à qui on vient de livrer son poids en bonbons. Mais vu mon poids, mieux vaut des livres. En recevant tous ces livres, je comprends aussi pourquoi on trouve plus de chroniques favorables que défavorables. Les chroniqueurs qui commencent à avoir de l'influence doivent recevoir chaque jour ce que j'ai reçu exceptionnellement. Ils peuvent donc choisir. Ils DOIVENT donc CHOISIR. Si au bout de quelques lignes / pages, ils se disent que ce n'est pas leur tasse de thé, ils passent à un autre livre. Ils ne chroniquent donc que ceux qu'ils aiment. C'est tout bénéfice. C'est plus agréable pour eux de ne lire que ce qu'ils aiment, c'est bien plus facile de dire du bien d'un livre que d'en dire du mal, et les auteurs ont surtout de la presse favorable. Tout bénéfice. 

Vraiment ? Et le lecteur ? Si j'étais paranoïaque, je dirais que les maisons d'éditions pourraient très bien faire elles-mêmes des chroniques favorables que rien ne viendrait équilibrer. Je pourrais aussi dire que les chroniqueurs ne veulent pas se brouiller avec les maisons d'éditions, donc plutôt que de ne rien faire, ils feront des chroniques rapides et favorables et continueront à recevoir des livres de la maison concernée en espérant que la livraison suivante soit meilleure. Si j'étais paranoïaque et de mauvais esprit, je dirai aussi que certains chroniqueurs peu scrupuleux pourraient écrire des chroniques à partir du communiqué de presse que certaines maisons d'éditions fournissent. Cela permettrait de faire du volume sur leur média (site, blog, voire médias traditionnels). Mais dans le fond, je crois réellement que la principale raison c'est le choix, le surchoix. Pour faire un parallèle économique, on imagine mal un employeur se contenter d'un type qui n'a pas le CV parfait alors qu'en temps de crise il y a tant de CV parfaits qui frappent à la porte. Mais quand on lit en profondeur y a-t-il vraiment des CV parfaits ? Des livres parfaits ? 

Du coup, il faudrait quand même que certains se coltinent les livres pour dire ce qu'ils n'en aiment pas. Je ne crois pas qu'un chroniqueur qui aime vraiment la littérature se montre jamais agressif ou insultant à propos d'un livre qu'il n'apprécie pas. Ma chronique de 14 de Jean Echenoz est plutôt défavorable, mais je n'ai pas l'impression de sous-estimer le travail ou l'intégrité de l'auteur, j'exprime plutôt l'inadéquation entre son projet littéraire et ce que j'en ai reçu. Mais maintenant que je me rends compte du choix que peut avoir un chroniqueur, la paranoïa fait place à un sentiment d'impuissance : on n'a jamais le temps de tout lire. Du coup, comme tout le monde, je vais finir par comprendre que lire des livres qu'on n'aime pas, pour désagréable que ce soit, est un luxe réservé à ceux qu'on paye pour cela, comme les chroniqueurs du Masque et la plume ou de La Dispute.

Je vais donc être obligé de faire surtout des chroniques gentilles, ça me fera les pieds !



1 commentaire:

  1. Je ne m'en lasse pas, je ne suis pas blasée... j'aime bien Noël dans ma boîte aux lettres toutes les semaines et j'aime bien qu'une caisse de livres te fasse un peu les pieds. Tiens.

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